irrépréssible web

 

Guerrière. Battante. Déterminée, tranchée, incisive…

Bref, ça grafigne quand je suis là.

Combattre. Sans trêve ni repos.

L’ennemi ? Tout et rien.

Mes pensées assassines surtout. Celles qui me pourrissent la vie à coup de phrases à te ramener au plancher d’un coup sec.

Aussi, les autres, les coups durs…la dureté de la vie.

J’en ai des blessures de combat. Des blessures à l’âme, au cœur…sur la peau. De profondes cicatrices qui me rappellent durement le chemin parcouru. Les coups durs encaissés.

La peau de mon armure, parsemée de cicatrices, s’est épaissie, endurcie…insensible même à certains endroits. Qui touche là n’aura pas de réponse. Vu comme indifférente. Qui touche sur le bobo en aura toute une. Dure.  Incisive autant que la douleur ressentie. Coup pour coup. Combattre.

Les violences ont meurtries mon cœur. Quand ça vient de ton camp… tu désertes. Déserteur je suis devenue. Je guerre en solo. Électron libre ou sans attache. N’avoir confiance en personne. Mais être digne de confiance.

Guerrière mais juste. Savoir fuir, se camoufler, se fondre dans le décor quand nécessaire. Déjouer l’ennemi. Défendre le plus faible, défendre l’autre, défendre la vie. Crier qu’elle vaut la peine d’être vécue. Crier plus fort que les bombes.

Fuir à l’approche de l’autre. Et si, une fois près de mon cœur, il laisse tomber les grenades?

Les années de guerre épuisent. Le besoin de reposer ma tête sur l’épaule de l’amour, de la paix, de la douceur… Panser les plaies, panser le cœur, panser l’âme. Laisser enfin couler les larmes… Laisser les genoux plier, et mettre le front au sol.

Arrêter la guerre contre soi, contre le monde entier. Arrêter de SURvivre et de me fuir. Arrêter de combattre. Accepter les mains tendues ….elles ne frappent plus.

Cesser le feu. La guerre est finie. Tant de blessés. Tant d’écorchés vifs par mes armes. Par mes mots dures, mon intransigeance.

À vouloir me protéger j’ai blessé.

Quand j’exige de l’autre ce que je m’exige à moi-même. Sans regard pour ses blessures de guerre.

Quand je tiens sans relâche devant l’adversité. Que l’autre s’y compare et ne comprends pas mon acharnement à vivre si intensément.

Je brûle, je dérange. J’en impose.

Par mes éclats de rire, quand je fais fit des jambettes de la vie. Comme un pied de nez au destin. Quand je me relève encore et encore. Quand je ne me laisse pas choir sous la pression. Quand je réinvente une porte chaque fois que je frappe le mur.

Guerrière jusqu’à l’os. La défaite n’est pas une option.

Un jour, une larme. Une, suivie de deux. De milles. D’un torrent de larmes. Ces larmes qui me rappellent la pluie. La pluie qui nettoie la suie. Nettoie les blessures. Adoucie l’air du printemps.

Les larmes qui ont le droit de couler quand les regards se font absents. Pour le moment. Un jour sous le regard de l’autre, peut-être.

Les larmes qui redonnent la force de se relever.

Les larmes qui un jour trouveront une épaule. Une épaule solide. Que je puisse y reposer la guerrière.

Les larmes qui nettoient mon regard. Un regard neuf, sur une vie neuve.

La guerre est finie. Je dépose les armes. Je dépose mes instincts de combat.

Pas ma force. Celle-là, je la garde. Pour que j’aime avec force. Pour que je soigne avec force et courage mes blessures. Suffit d’ignorer la douleur. Suffit de ramper dans les tranchées. Je m’expose au soleil, à la lumière.