Culpabilité

 

Quand la culpabilité étouffe.

 

J’étouffe, je respire pourtant…mais l’air n’entre pas! Cet état d’étouffement est là depuis si longtemps que je le réalise à peine. J’en prends conscience quand  l’air brûle mes narines ou bien lorsque je reprends un grand respire comme une nageuse qui est restée trop longtemps sous l’eau.

Ce sont mes symptômes de l’anxiété. Elle n’est pas apparue par hasard dans ma vie. En fait, tout doucement, un pas à la fois, chaque fois que je m’oubliais, que je refusais de m’écouter.

Cette anxiété me donne cette impression que le pire m’attend à tous les détours, comme le pot qui suit les fleurs…

Depuis son arrivée, l’anxiété semble s’être un peu trop intégrée à ma vie, elle s’y complaît avec trop d’aisance! Le terrain est propice…Je le sais sans le savoir. En fait, je ressens clairement que mon corps me parle, que je dois écouter. Écouter, c’est ouvrir cette porte de pandore, sur l’inconnu que j’étais devenu face à moi-même.

J’ai pris de la sagesse avec l’âge. Je sais que la solution sera d’affronter le «pot», si pot il y a, et de l’ouvrir cette porte.

Alors, j’ai écouté. La tristesse a parlé en premier.  J’ai écouté ma tristesse et malgré qu’elle soit présente parfois, ce n’est pas elle qui m’étouffe. J’ai écouté mes peurs et elles m’ont dirigée sur un autre chemin… je déambulais, questionnais, réfléchissais…

Puis un jour, comme une couverture que l’on relâche,  elle a glissé de mes épaules, elle a atterri à mes pieds. On s’est regarder dans les yeux et j’ai pris un grand respire. J’ai rempli mes poumons d’air et j’ai apprécié le souffle de liberté qui a enveloppé mon âme.

En l’observant, j’ai compris pourquoi j’étouffais ainsi. Elle était lourde, emmêlée sur elle-même, envahissante. Telle la couverture que l’on rabat sur notre tête pour se cacher lors de nos peurs nocturnes d’enfant. Elle me privait de mon oxygène, de ma vision. Je ne ressentais que la peur, le manque d’oxygène, le manque d’espace.

Elle est toujours là, à mes pieds. La culpabilité.

Elle et moi, yeux dans les yeux. Elle s’accroche. Elle sait que je ne veux plus d’elle dans ma vie, mais nous avons fait tant de chemin ensemble. Tellement, que je suis épuisée de me sentir coupable. Coupable de ne pas être ce que je dois être, que l’on veut que je sois, que j’aurais dû faire, pas faire et alouette.

Et puis, je le sais d’expérience, malgré tous mes efforts pour d’abord plaire à mes parents étant enfants et, une fois adulte, à l’ensemble de la planète, je ne pourrai pas y arriver. Le rationnel le sait, mais parfois certaines blessures de mon enfance brouillent ma vision.

Je dois apprendre à vivre sans elle. Point à la ligne!

Il est temps que nos chemins se séparent, je veux continuer ma vie avec la Liberté d’Être.

Seulement, les peurs, qui étaient bien au chaud sous la couverture, ont fait surface et j’ai dû leur faire face, une à une.

Peur de ne pas être à la hauteur comme maman. Je me sens donc coupable de ne pas être la mère que je voulais être.

Peur de faire les mauvais choix. Je me sentais donc coupable qu’importe la décision….Alors je m’enlisais.

Peur d’écouter mes besoins, mes rêves et mes aspirations car je me sentais coupable de me prioriser…alors je m’oubliais, je me perdais et je perdais de vu la flamme qui m’illumine.

Je prends conscience qu’elle avait effectivement un terrain propice à la croissance cette culpabilité. Beaucoup de peurs enfouies, de déni de soi, du trop fort sentiment d’être responsable du bonheur des autres, de non respect de mes convictions et de ma liberté d’Être.

La culpabilité me sort alors son laïus, m’explique qu’elle a son rôle à jouer et que je ne pourrai pas me passer d’elle. En fait, elle a raison! Elle m’est très utile pour m’informer quand je n’agis pas en lien avec mes valeurs ou quand je ne respecte pas mes principes moraux, mais là je dois la ramener à l’ordre.

Elle fait du temps supplémentaire en excès et me rend coupable de tout et même de ce que je n’ai pas fait. Elle me responsabilise des erreurs des autres…Elle a raison c’est tellement plus simple de cette façon que de reconnaître que les autres ont mal agit envers moi. J’ai le dos large! Je la dis souvent celle-là….Et bien, ça suffit, mon dos m’appartient maintenant et ce sont des ailes que je vais y mettre!

Je réalise que la culpabilité ne s’entend pas bien du tout avec la reconnaissance de nos véritables besoins et désirs. Alors, j’y en mets plein la gueule depuis,  avec  des «Je veux…» et «J’assume que…» et surtout avec « JE ME RESPECTE DANS MA LIBERTÉ D’ÊTRE».

Je la sens vaciller…je sais pourtant qu’elle ne sera jamais bien loin, mais je veux la tenir à distance et qu’elle me laisse  respirer. Ce n’est pas gagné! Tel un mauvais acteur qui mime la mort, elle revient à la vie à tout moment par des soubresauts absurdes et insupportables! Je ne lâche pas. J’ai déjà gagné en liberté et surtout en connaissance de soi.

Il faut oser sortir la tête de sous la couverture …même si nous sommes terrifiés par ce que nous pourrions voir. Car au final ce n’est pas la « couverte », ni le fait de ne pas voir qui va nous sauver des monstres sous le lit…C’est la lumière et une bonne vision des éléments en présence !