courir ma vie

Plus je cours, plus je me comprends et j’apprends. Plus je saisies comment je vis ma vie!

Dernièrement, je cours plus souvent et je me donne de plus gros défis. Chaque fois, je suis ébahie d’y arriver! Ça donne un gros coup de pouce à ma «confiance en soi»! Je me sens forte, je me sens en vie aussi! Faut se le dire, on a jamais assez de confiance et d’estime de soi! Courir m’apporte gros, me transporte, me rend légère…Vive l’endorphine! Sérieusement, courir c’est comme la vie!

La première fois que j’ai fait un 5 km au lieu de 2 km, c’est le jour où je me suis jouée un tour! Ça faisait deux ans que je me disais qu’il faudrait bien que j’essaye de faire plus. J’avais la trouille de ne pas réussir, de me décevoir… Je suis exigeante envers moi-même…Je sais.

Surprise ! Ce jour-là, j’ai pris le chemin de droite sur un coup de tête, celui qui fait une boucle de 5,5 km. Trop tard pour virer de bord. Je suis de même! Je me joue des tours et je m’invente les règles du jeu, comme celle ne pas avoir le droit de faire demi-tour!

Je fais même ça dans mon quotidien! C’est comme ça j’agis quand la peur me fige…Je démarre le processus ou je me «garoche» dedans…Pis, pas le droit de virer de bord! Ce jour-là, ce fut le cas et j’ai réussi haut la main! Depuis, je suis passée de 5,5 km à 10 km en moins de 3 mois…Comme quoi mon truc fonctionne bien avec moi!

Depuis que je fais plus de 8 km, j’ai dû apprendre à ralentir mon allure, du moins au début…Sinon je tombais les batteries à plat avant la fin. RALENTIR….pour aller plus loin! Quelle leçon de vie! Ce n’est ni dans mon tempérament, ni dans mes compétences!! Mais force est de constater que cet apprentissage est le plus important!

Face aux épreuves de cette année, j’apprends à prendre mon temps. En fait, j’essaie très fort, car même si c’est maintenant acquis dans la course, cela ne l’est définitivement pas dans mon quotidien… Faire confiance que je vais arriver à bon port même si je n’y vais pas à mile à l’heure. Franchement, c’est vraiment difficile!! Chaque fois que je cours, je me le rappelle et ça me fait du bien!

Les côtes!!! HAAAAA la côte du chemin Gingras! Quand je monte cette côte, ça fait mal…Je veux marcher! MAIS NON! J’ai découvert que je pouvais être franchement déterminée! Cet aspect me rend d’ailleurs très fière! C’est bon être fier de soi ! Je regarde au sol (pour ne pas voir la lenteur de mon ascension) pis je garde mon attention sur chaque pas, sur le «beat» de la musique, sur les vaches qui me regardent sans comprendre…TOUT sauf sur la douleur, la peur de ne pas y arriver ou de me remettre à marcher.  Lentement, peut-être, mais surement! Oui encore la lenteur…

Le BONHEUR, quand une fois en haut, je peux courir à grandes foulées, en volant presque….Descendre et profiter du cadeau de mes efforts!

Dans ma vie actuellement, c’est la même chose! Je garde dans mon cœur mes objectifs, mais je me concentre sur mes petits efforts quotidiens. Je sais que je vais lentement. C’est mon année de la lenteur… Les choses se placent à une lenteur incroyable! La vie semble vouloir s’assurer que je saisisse bien le message! Je souligne mes petites victoires, je garde le focus sur mes petits bonheurs quotidiens et chaque jour, je fais une action de plus vers l’atteinte de mes objectifs. Je ne lâche pas le morceau…même si ça ne va vraiment pas assez vite à mon goût, que je ressens parfois du découragement, que j’ai le goût de tout arrêter…Je sais que je vais pouvoir prendre mon envol et à ce moment-là je serai heureuse des efforts fournis!

N’empêche, que parfois, sur la plus longue côte, en plein soleil, après une longue journée, j’ARRÊTE! Ben oui, je cesse de courir. Quand je cours, je le fais pour moi. Quand j’arrête, je le fais aussi pour moi! Je n’ai rien à prouver sauf à moi-même. Alors oui, j’arrête, je regarde autour de moi et je respire. Je reprends des forces. Je ME donne le droit d’avoir besoin d’une pause cette journée-là. Je sais que ce repos ne m’empêchera pas de finir mon 10 km, ni d’en réussir un autre dans 3 jours (et cette fois sans repos).

Cela m’a fait grand bien de réaliser que la vie va m’attendre. Le temps est relatif et ce qui doit nous arriver, arrivera… Aujourd’hui, je me donne le droit d’arrêter quand mon corps, mon cœur ou mon âme en a besoin. Je prends le temps de respirer, de me reconnecter et de faire le plein d’énergie. La route va m’attendre!

J’ai déjà hâte à demain, pour courir ma vie à petit pas…