Lundi coup de poing coup de coeur

Lundi, voilà un bien drôle de thème. Pas facile, mais je me lance.

Si je me fis aux réseaux sociaux, pour plusieurs,  le lundi est un jour maudit, s’en est presque une maladie…quand cela en est pas une…Migraines et maux de ventre le dimanche, lundi déprimé et déprimant.

Pour moi, les lundis, c’est le retour au boulot. Un retour attendu. Faut le dire, j’aime travailler. J’ai toujours aimé les lundis. Jour où je planifie ma semaine, je  me fixe des objectifs et repars à zéro. C’est le jour parfait pour celle qui comme moi aime planifier, organiser et un brin contrôler.

Le travail prenait beaucoup de place pour moi. Je parle au passé, car maintenant c’est différent…Pas dans la place qu’il prend, mais dans le sens qu’il a.

Avant le travail me définissait. Je m’y valorisais. J’y performais et j’y donnais mon 200%. Qu’importe la job, je donnais le meilleur. Par respect pour mon employeur mais surtout par accomplissement personnel. Je donnais plus que demandé et bien souvent sans aucune reconnaissance…Mais à quoi bon, je connaissais ma valeur….en fait c’est ce que je me disais.

Un jour…Le 26 mai 2014.

Il y a eu le lundi «frappe le mur». Un lundi où je suis tombée K.O. Interdiction de retourner travailler. Je devais me «reposer». Me quoi? Oui me reposer. Le travail m’a amené sur le bord du précipice. Il m’a fallu un temps, un long moment pour comprendre. Pour saisir en quoi le travail m’avait amené là. De l’extérieur rien ne pouvait expliquer cette chute.

Finalement, après beaucoup de réflexion et d’écriture, je constate que le travail est toujours mon ami. Je ne lui avais simplement pas donné le bon rôle. Ce n’est pas le travail qui m’a poussé en bas de la falaise. C’est le fait que je l’utilisais pour me définir. Je me définissais par mes études, mes diplômes, mes responsabilités, mes résultats. Bref, je me définissais à partir de l’extérieur … L’intérieur bien vide, bien fragile et surtout soumis à mon environnement. À la reconnaissance des pairs, à la satisfaction de mon supérieur, au pourcentage de réussite de mes objectifs ou attentes de l’entreprise. Je souhaitais, comme une petite fille de 5 ans, que l’on me félicite de mes efforts, qu’on me dise que je suis bonne…qu’on me nourrisse. J’espérais recueillir de la fierté dans le regard de l’autre, le miroir de mon existence. Y prendre la place qu’on voulait bien m’accorder. Un petit bateau soumis aux vagues, sans voiles ni gouvernail. Un jour j’étais belle, bonne et capable et l’autre une moins que rien….

Lundi le 26 mai 2014, lundi coup de poing. Je me suis assise, reposée, connectée à  la nature. Plus de travail. Je dois me reconstruire…sans le regard des autres. J’ai beaucoup appris, grandit et le processus sera encore long. C’est toute une vie que d’évoluer. J’aime toujours autant travailler. Même que je me donne encore plus, en fait mieux. Par contre, le travail ne me définit plus, il est mon extension. Il doit faire sens avec qui je suis, respecter mes valeurs. Il est un outil pour atteindre mes objectifs de vie, il n’est plus moi. Je suis remplie de l’intérieur. J’illumine de mon centre. L’énergie ne vient plus de l’extérieur mais de l’intérieur. Je n’attends plus des autres qu’ils me disent qui je suis, je le sais. Je me regarde avec fierté et je me compare qu’avec moi-même. Alors maintenant, le travail est une occasion de plus de grandir et partir à la découverte du monde!

Maintenant, amenez-moi s’en des lundis coup de coeur !